Concert Le Masque le 18 janvier à Strasbourg
- Marc Hervieux, flûte à bec
- Thomas Kaufmann, contrebasse
- Eva Valtova, clavecin
Cela faisait longtemps que le Masque souhaitait consacrer un programme à la musique instrumentale de JS Bach. Aborder la musique de JS Bach de manière générale n’est jamais une aventure facile, surtout quand il s’agit de transcriptions. Au cœur de ce programme, des sonates pour flûte et clavecin obligé. Transposées dans de nouvelles tonalités, ces sonates déconcertent d’abord dans leurs configurations. Ce sont des trios proposant un dialogue continu entre la flûte et la main droite du clavier pendant que la main gauche joue la basse, imperturbable. Ainsi, l’enchevêtrement de ces trois voix donne à ces sonates une rare densité, comme si cette musique s’inscrivait dans le mouvement perpétuel d’un moulin. Il y a dans cette sonate en la mineur une grande sérénité et à la fois une douce allégresse d’un ruisseau qui s’écoule… Autre sonate, celle en Fa M pour flûte et basse-continue dont les quatre mouvements apportent contrastes et diversité. Les mouvements lents expriment une gravité lyrique tandis que les mouvements rapides évoquent la danse et le côté espiègle et spirituel, notamment dans l’utilisation de contre-temps.
Souhaitant s’inspirer du style français, J.S. Bach a copié la musique de François Couperin mais également celle de Francis Dieupart, claveciniste, ayant séjourné à Londres au début du 18ème siècle. Nous entendrons sa suite pour flûte à bec et basse-continue.
A d’autres moments, le clavecin et la contrebasse en solo vont proposer des suites et autres surprises.
Nouvelle complice de l’ensemble, la contrebasse de Thomas Kaufmann va enrichir la texture sonore en apportant profondeur et assise harmonique, donnant parfois l’impression d’être avec le clavecin un véritable orchestre. C’est dans cet esprit que les trois musiciens vont terminer ce programme par une version plus confidentielle d’extraits de la célèbre Suite pour flûte et orchestre. Ce voyage à travers l’univers de Bach propose d’entendre autrement des pages célèbres ou plus intimistes, révélant la force expressive, la vitalité rythmique et l’inépuisable inventivité du Cantor de Leipzig.

